aide mémoire du photographe

TUTO la photo de nuit
Nous allons principalement parler ici de la photo sur trépied.
Quel mode utiliser ? Quels réglages ?
Mode A ou M.
C’est vraiment l’occasion de quitter les modes tout automatique.
Ouverture ?
A priori une petite ouverture (f8, 11 voire 16 selon votre appareil ou plus précisément selon la taille du capteur).
◦ Parce que l’on fait généralement des « paysages » et que l’on recherche la plus grande profondeur de champ possible.
◦ Parce que les lumières (des lampadaires) se transforment en belles étoiles lorsque l’ouverture est petite (et inversement, avec une grande ouverture, elles se transforment plutôt en pâtés pas très esthétiques).
Vitesse ?
On s’en moque, le tout est d’avoir une bonne exposition.
(NB : Je ne parle pas ici pour l’instant des photos de type “filés lumineux de phares de voiture”)
En se remémorant que le calcul automatique de l’appareil va probablement trouver que la scène est sombre (normal c’est la nuit) et donc décider de sur exposer la photo, il faut prévoir une compensation d’exposition négative (-1 EV par exemple, à ajuster – Mais surtout à tester et à adapter en fonction du contexte car plusieurs lumières fortes dans la photo peuvent influencer le calcul de l’appareil…)
Cf. le tuto sur les modes d’exposition si besoin…

ISO ?
A la valeur minimale de votre appareil. Car, étant donné que l’appareil est fixé sur pied, on se moque d’avoir une vitesse faible voir très faible, il n’y a pas de risque de bougé.
Donc autant privilégier la meilleure qualité de photo en étant à la sensibilité minimum.
Autres paramètres ?
◦ La balance des blancs…
Par défaut, en automatique, elle peut avoir tendance à être trop jaune à cause des éclairages.
Tester les autres valeurs, ou se mettre en mode RAW pour pouvoir la changer a posteriori sur l’ordinateur.
Mais attention, tous les rattrapages de BDB ne sont pas possibles en RAW. Si l’un des canaux (R, V ou B ) est cramé (ou bouché), il ne sera pas possible de rétablir complètement la BDB de votre choix (Cf. tuto sur l’histogramme).

Le stabilisateur (sur l’objectif ou le boitier selon les marques/modèles)
A désactiver car inutile (bon maintenant, honnêtement, cela m’est arrivé plus d’une fois de ne pas le faire, y a pas mort d’homme….)
Le retardateur
Le régler sur 2s, comme cela, la photo est prise 2 secondes après avoir déclencher et ainsi il n’y a pas de risque de faire bouger l’appareil lors de la prise de vue (on déclenche et on ne touche plus à l’appareil)
Comment s’y prendre ?
Comme d’habitude, ou presque :
◦ L’appareil est fixé sur le pied.
◦ On cadre
◦ On fait la mise au point (bien vérifier ou passer en mise au point manuel car de nuit, l’autofocus peut avoir du mal ou ne pas y arriver du tout)
◦ On déclenche !
Quelle est la meilleure heure ?
Si l’on veut un ciel bien noir, pas de contrainte.
Sinon, entre le coucher du soleil et la nuit noire, c’est l’occasion d’avoir les lumières de la nuit, avec en prime un beau ciel bleu foncé.
(ou plus rosé/orangé le matin au lever du soleil)
Si l’on photographie des bâtiments (et notamment des bureaux), la meilleure saison est l’hiver, quand il fait nuit tôt, et que l’on peut faire des photos vers 18h/19h quand les lumières des bureaux sont encore éclairées.
La photo de nuit autrement
En mode plus réactif, on abandonne le trépied et :
On reste en mode A en se mettant sur la plus grande ouverture de l’objectif
Ou en mode S pour privilégier une vitesse min évitant les flous (notamment si l’on prend en photo une foule ou des gens qui bougent)
On met toujours une petite compensation d’expo négative (à affiner selon l’ambiance/lumière du lieu…)
On passe à la valeur max des ISO (du moins la valeur max exploitable réellement sur votre boitier) – ou en mode ISO auto.
On remet la stabilisation et on enlève le retardateur !
On évite les coins vraiment sombres…
Et zou, on peut faire des photos à main levée ! Attention à la vitesse de prise de vue (qui est calculée, mais si elle est trop faible, ça va être flou…)
Il faut donc faire le max pour être le plus stable possible : pas de photo à bout de bras
Mais les bras bien calés contre le corps
Respiration bloquée lors du déclenchement (pas de café, pas d’alcool )

Les tutos techniques de « pixel.jo »

(Source disponible également sur le site de la FPF)

Citation du photographe :

Vous trouverez sur ce blog de nombreux tutoriels comme les notions de bases pour réussir vos photos, ou sur les manières de maîtriser la photographie sportive ou la photo de concert, ainsi que quelques conseils pour progresser dans votre pratique de la photographie.

Cliquer sur l’image

L’appareil photo

TUTO:

Les modes d’exposition
Niveau : Base

Qu’est-ce que l’exposition ?
L’exposition correspond à la quantité de lumière qui arrive sur le capteur.
Une photo « bien exposée » est une photo dont la luminosité est correcte par rapport à la scène photographiée.
L’exposition se définit sur la base de 3 critères :
• L’ouverture du diaphragme.
• La vitesse (ou le temps, ou la durée) d’exposition
• La sensibilité du capteur (ou de la pellicule…)
Que sont les modes d’exposition ?
Ce sont les différents modes de calcul de l’exposition par l’appareil photo et/ou le photographe. Ce calcul peut être fait :
• complètement par l’appareil photo,
• ou le photographe peut fixer certains paramètres et l’appareil calcule les autres,
• ou le photographe peut décider de tout.
Bien comprendre les paramètres de l’exposition
L’ouverture : la taille de l’ouverture du diaphragme (le trou par lequel entre la lumière !). Elle s’exprime avec des valeurs du genre f/1.4, f2.8, f5.6…
• Plus le nombre est faible, plus l’ouverture du diaphragme est grande, plus la lumière peut rentrer.
• Plus le nombre est élevé, plus l’ouverture du diaphragme est petite, moins la lumière rentre.
• Entre chaque valeur principale d’ouverture (f1.4, f2, f2.8, f4, f5.6, f8, f11, f16), il y a deux fois plus (ou deux fois moins) de lumière qui entre.
La vitesse : la durée pendant laquelle l’obturateur est ouvert, autrement dit la durée pendant laquelle le capteur est sensible à la lumière. Elle s’exprime en secondes ou en fraction de seconde comme 1s, ou 1/10e de seconde, ou 1/250e…
• Plus la vitesse est faible, plus la durée d’exposition est longue, et plus la lumière peut rentrer.
• Plus la vitesse est élevée, plus la durée d’exposition est courte, et moins la lumière peut rentrer.
• Chaque fois que l’on double la durée d’exposition, il y a deux fois plus de lumière qui entre (et inversement dans l’autre sens)
La sensibilité du capteur détermine la quantité de lumière nécessaire pour un même rendu. Elle s’exprime en ISO : 100, 200, … 3200…
• Chaque capteur dispose de sa sensibilité de base (100, 160 ou 200 ISO généralement).
• Chaque fois que l’on double la sensibilité, le capteur a besoin de deux fois moins de lumière. Cependant, pas de miracle, cette augmentation de la sensibilité se fait au détriment de la qualité de la photo qui va diminuer petit à petit (plus de « grain » sur la photo, couleurs moins belles, moins de dynamique…)
Il y a donc une multitude de combinaisons possibles pour obtenir la même exposition :
• f4.0 – 1/100e – 200 ISO = f2.8 – 1/200e – 200 ISO = f8 – 1/100e – 800 ISO…
• f8 – 1/250e – 400 ISO = f4 – 1/500e – 200 ISO…
La comparaison classique : prendre une photo, cela revient à « remplir » de lumière le capteur de l’appareil. Comparons cela à remplir un récipient d’eau :
L’ouverture correspond au débit de l’eau : plus vous ouvrez le robinet, plus l’eau coule vite.
• La vitesse correspond à la durée pendant laquelle le robinet sera ouvert. Plus la vitesse est faible (durée longue), plus l’eau a le temps de couler
La sensibilité correspond à la taille de votre récipient à remplir. Plus la sensibilité est élevée, plus le récipient est petit, et moins il y a de lumière nécessaire.
Le calcul automatique de l’exposition par l’appareil photo
Avant d’expliquer les modes d’exposition, il est nécessaire d’expliquer comment l’appareil s’y prend pour calculer l’exposition d’une photo. J’explique ici dans les grandes lignes (ensuite chaque marque a défini des optimisations par rapport à ces grands principes).
• L’appareil ne sait pas ce que vous prenez en photo !
• L’appareil ne voit que des zones plus ou moins lumineuses
• – Une zone blanche est une zone à 100% de lumière
• – Une zone noire est une zone à 0% de lumière
• L’appareil va calculer (selon une méthode qui peut varier) une moyenne de ces zones (Cf. note 1 en fin)
• Comment va-t-il ajuster l’exposition ?
• En comparant cette moyenne à une valeur de gris moyen qui est « censée » être universellement vraie quelle que soit la photo que vous prenez. Il s’agit d’un gris à 18% de lumière (bien mémoriser cela pour la suite !)
• Donc, si son calcul avec son expo de départ arrive à une luminosité trop élevée, et bien il va jouer sur les paramètres (ouverture, vitesse) pour faire rentrer moins de lumière et arriver à ce gris moyen
• Inversement, s’il trouve que la luminosité est trop faible, il va jouer sur les mêmes paramètres, en sens inverse, pour faire entrer plus de lumière et arriver encore au gris moyen.
Les modes d’exposition
Dans un premier temps, nous allons nous consacrer uniquement au couple (ouverture/vitesse). Nous reparlerons de la sensibilité plus tard.
• Le mode P. Dans ce mode, dit automatique, l’appareil calcule automatiquement l’ouverture ET la vitesse.
• – Certains appareils offrent une fonctionnalité dite de « décalage de programme ». Cela permet avec une molette de faire varier le couple ouverture/vitesse tout en restant sur une exposition équivalente.
Le mode A (ou Av). Dans ce mode semi-automatique, le photographe fixe l’ouverture et l’appareil calcule la vitesse (pour l’exposition calculée par l’appareil)
Le mode S (ou Tv). Dans ce mode semi-automatique, le photographe fixe la vitesse et l’appareil calcule l’ouverture (pour l’exposition calculée par l’appareil).
Dans les deux modes semi-automatiques, c’est donc bien l’appareil qui calcule l’exposition de la photo. Simplement le photographe peut jouer sur le couple ouverture/vitesse choisi.
Est-ce qu’une photo prise dans un mode automatique ou semi-automatique sera toujours bien exposée ?
Et bien NON !!
• Parce que peut être que ce n’est pas possible (par exemple en mode A, vous avez fixé l’ouverture à f1.8 alors que vous prenez une photo en plein soleil, donc très lumineuse, et que l’appareil ne peut pas prendre une photo plus rapidement qu’au 1/4000e de seconde). Dans cas, généralement l’appareil fait clignoter les paramètres d’exposition pour vous signaler le problème.
• Mais surtout, parce que cela dépend du sujet que vous photographiez !
Rappel : l’appareil ajuste l’expo pour se caler par rapport à une luminosité moyenne de 18%.
• Imaginons que vous prenez en photo des montagnes toutes enneigées. La scène est très lumineuse. L’appareil s’en rend compte et va donc baisser l’exposition pour arriver à cette luminosité moyenne.
• Résultat : votre neige va paraitre grise, pas bien blanche.
La compensation d’exposition
La solution à ce problème s’appelle la « compensation d’exposition ».
Elle se définit par des valeurs comme : +0,3, +1, -1. Elle s’exprime en EV (Exposure Value), une mesure d’exposition de la lumière. Chaque unité correspond à doublement de lumière. Par exemple +1EV veut dire « faire rentrer deux fois plus de lumière » ; ou -1, deux fois moins.
La compensation d’exposition est toujours manuelle. C’est au photographe de la définir pour indiquer à l’appareil : « dans ton calcul, je sais que la scène est lumineuse », donc fait rentrer 2 fois plus de lumière » – sur l’exemple de +1EV.
Cela fonctionne avec les modes P, A et S.
Dans l’exemple de la neige, il aurait donc fallu dire à l’appareil +1EV par exemple pour avoir un rendu plus lumineux de la neige.
Inversement, si l’on photographie quelque chose de très sombre, l’appareil va trouver que c’est sombre et va donc essayer de faire rentrer plus de lumière. Cependant, dans ces conditions, le rendu de la photo ne sera pas très réaliste. A vous de sous exposer de par exemple -1EV pour lui dire « c’est sombre, fait rentrer moins de lumière que la normale ».
La compensation d’exposition est donc une façon de faire rentrer du manuel (la maîtrise du photographe) dans les modes P/A/S où le calcul de base de l’exposition est fait par l’appareil.
Comment bien utiliser la compensation d’expo, comment définir les bonnes valeurs ?
• Avec la pratique, on prend l’habitude la « voir » la luminosité de la scène et de combien il faut sur ou sous exposer.
• Sans cela, et bien, il faut s’entraîner, faire plusieurs essais… vérifier le résultat, recommencer.
• Ou utiliser l’histogramme en live si votre appareil offre cette fonctionnalité et si vous savez lire l’histogramme (Cf. autre tuto sur le sujet)
Les autres modes d’exposition
Le mode M.
• Ce mode est le seul complètement manuel. Le photographe fixe les valeurs de l’ouverture et de la vitesse, c’est lui qui détermine manuellement l’exposition de la photo.
• Il n’y a pas de compensation d’exposition (puisque l’appareil ne calcule rien). Par contre, généralement, l’appareil indique si – selon lui, donc par rapport au gris moyen – la photo est bien, sur ou sous exposée, et de combien.
Le mode B ou Bulb
• A vrai dire, ce mode là aussi est tout manuel. On fixe l’ouverture et ensuite le temps d’exposition correspond au temps pendant lequel on reste appuyé sur le déclencheur. Utilisé pour les poses longues (mais de préférence avec télécommande sinon le boitier va bouger).
Le mode iA (ou tout autre nom Auto, Super Auto, Super Intelligent…) et les modes scènes (portrait, paysage, de nuit, architecture, macro…).
• Ces modes-là sont réellement tout automatique, l’appareil fixe tout ce qui a été expliqué précédemment (il n’y a pas de sur/sous expo généralement).
• Et l’appareil peut également jouer sur d’autres paramètres qui sont plus du post traitement comme le renforcement de la saturation de certaines couleurs, le niveau de contraste, etc.
• Bref, vous ne maîtrisez rien. Cela n’empêche pas de pouvoir faire de belles photos, mais vous ne ferez pas de progrès !
La sensibilité ISO
Ce troisième paramètre se manipule de manière un peu indépendante des modes précédents.
Historiquement, la sensibilité était définie par la pellicule (donc pas un paramètre qui se configure sur l’appareil, et qui est fixé pour toutes les photos de la pellicule).
Avec le numérique, ce paramètre est modifiable pour chaque photo, plus facilement.
Il y a deux façons de définir la sensibilité ISO :
Manuellement :
• Le photographe fixe une sensibilité et puis prends sa/ses photos dans cette sensibilité-là.
• Il la modifie quand il le souhaite, quand les conditions changent.
ISO auto :
• Le photographe fixe la sensibilité de base, la sensibilité maximale (selon les appareils)
• Ensuite, le photographe ne s’en occupe plus, c’est l’appareil qui gère.
• Par défaut, l’appareil se cale sur la sensibilité de base.
• Puis, en fonction du mode (P, A, S) et de la photo, si les paramètres (ouverture/vitesse) ne permettent pas de prendre la photo, alors l’appareil augmente lui-même la sensibilité.
• Certains appareils disposent de plusieurs paramètres pour bien définir le comportement automatique de la sensibilité ISO.
Au final, quel mode choisir ?
Ce choix va dépendre d’une part du type de photo que vous faites, et d’autre part des habitudes que vous allez prendre.
Personnellement, je suis en mode A dans 75% des cas, en mode M dans 20% des cas et en mode S dans les 5% restant (et bien entendu, je joue avec la compensation d’exposition en mode A et S)
Pour commencer, voici les conseils classiques de choix de mode.
Mode P :
o Quand vous ne voulez pas vous prendre la tête
o Quand vous n’avez pas le temps
o Quand vous ne vous sentez pas encore à l’aise
o …
Mode A :
o Quand vous faîtes du portrait (parce que vous voulez généralement fixer une grande ouverture pour flouter l’arrière-plan)
o Quand vous faîtes du paysage/architecture (parce que vous voulez une petite ouverture pour être certain d’avoir une très grande profondeur de champ)
o Quand vous faites de la photo de rue/reportage (pour être en hyperfocale)
• …
Mode S :
o Quand vous faites des photos de personnes/objets en mouvement (soit en fixant une vitesse très rapide pour fixer le mouvement, soit en fixant une vitesse plus lente pour obtenir un effet de filé)
o Quand vous faites des photos de nuit, dans une ambiance sombre afin d’assurer une vitesse minimale pour ne pas avoir de flou
o …
Mode M :
o Quand vous avez le temps pour faire des essais
o Quand les conditions de lumière sont très trompeuses pour l’appareil
o En photo studio avec flash
o …
Dans tous les cas, au final, tout cela ne sert qu’à fixer 2 paramètres.
La suite
Difficile de parler d’exposition sans parler de l’histogramme d’une photo. Mais ceci fera l’objet d’un autre tuto.
Les paramètres d’ouverture, de vitesse et de sensibilité jouent sur l’exposition comme nous l’avons vu mais également sur d’autres aspects de la photo (comme la profondeur de champ… à voir dans d’autres tutos)